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Tailler pour mieux pousser

Je ne sais pas vous, mais moi la nature me parle, ou plutôt Dieu me parle à travers la nature. Le mois de mars est un mois propice à la taille de certains arbustes (enlever ce qui est mort, ce qui ne ne porte pas de fruits, ou de bons fruits …), c’est un mois propice aussi à la préparation des sols pour les diverses semences et sûrement plein d’autres choses encore.
Il y a quelques années, nous avons hérité d’une belle glycine venant de chez nos voisins. Je me souviens voir Benjamin revenir essoufflé après l’avoir déracinée avec autant de labeur. Il l’a replantée dans notre jardin et elle a magnifiquement repris.
Quelques temps ont passé, je ne sais plus vraiment combien, je vois mon cher mari se diriger vers la glycine, d’un pas décidé avec un sécateur à la main. Me doutant de la suite du programme, je l’arrête net dans son élan et lui demande ce qu’il compte faire avec cet outil ?
Il me dit qu’il va couper une partie des rameaux de la glycine.
A quoi je lui réponds : certainement pas !
Elle a donné de si belles grappes et toi tu veux la tailler, tu risques de l’affaiblir, de la tuer même, elle ne sera plus aussi belle.
Il m’a expliqué que justement si je voulais qu’elle donne encore de jolies fleurs et plus encore, il fallait la tailler…
Depuis lors, elle y a le droit chaque année et est de plus en plus belle.
Il peut être plus facile de couper la tige d’un arbuste, que de couper un lien, d’accepter un départ, de donner le peu qu’il nous reste, d’abandonner ce pour quoi on a travaillé tant d’années, nos espoirs, une sécurité. Difficile de perdre le contrôle, de voir s’envoler un rêve..
On peut avoir l’impression de perdre pied, que tout s’écroule, qu’on ne tiendra pas. On voudrait même mourir parfois.
Je l’ai vécu pour ma part à des moments de ma vie, je me souviens d’une fois lorsque Dieu m’a demandé de faire un choix qui me paraissait au-delà de mes forces. Je savais la décision à prendre, celle que Dieu voulait pour ma vie mais le combat était redoutable entre mes peurs, mes projets, ce dont j’avais envie et ce que Dieu me demandait. J’avais l’impression de perdre pied, que ce qu’il attendait de moi était trop dur, voire impossible. Pourtant, je s’avais intérieurement, au plus profond de mon être que c’était la chose à faire. J’ai dis à Dieu dans ma détresse que j’acceptais mais que j’étais incapable de gérer la suite, qu’Il fallait qu’Il prenne les rennes de ma vie. Ce qui s’est passé après a été déterminant pour ma vie, pour les projets qu’il avait pour moi. C’est à ce moment là aussi que j’ai rencontré mon mari et j’étais à des années lumières d’imaginer ça car justement j’avais tiré un trait sur mon avenir sentimental en acceptant ce que Dieu voulait pour moi.
Le miraculeux a lieu à partir du moment où l’on décide d’obéir à Dieu.
Tant que l’on s’acharne à ne pas vouloir abandonner ce qu’au fond de nous, nous savons devoir laisser, nous perdons du temps, nous nous affaiblissons, nous souffrons, faisons souffrir, nous ne produisons rien de bon, de durable et nous risquons de passer à côté du but.
Il y a des tailles qui sont nécessaires, indispensables pour produire quelque chose de bon, vivant, véritable, essentiel, bénéfique, salutaire, durable.. pour nous et pour les autres.
C’est alors que l’on comprendra que ce qui nous tenait tant à coeur, qui nous rendait captif finalement était si peu par rapport à ce qui devait se produire après.
« Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » (Jérémie 29v11)
Gaëlle BESNARD

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